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L'enseignement à Rouveroy de 1663 à 1924

Article rédigé par Alexandre JAUPART à l'occasion du Journal Communal d'Estinnes
Edition de décembre 2006

En 1663, Rouveroy disposait déjà d’une « école » : Nicolas MOTTE, clerc de la paroisse a été maître d’école de 1663 à 1676. Il recevait pour enseigner aux enfants indigents à son école, trois rasières un quartier de blé qu’on allouait chaque année, sur les revenus des pauvres.

Joseph HERMAN, aussi clerc de la paroisse, donnait l’instruction, en 1725, pendant l’hiver, d’une manière satisfaisante, les enfants étaient assidus.

Jean Baptiste Noël MOL, originaire de Sirault mais qui épousa une jeune fille de Rouveroy en 1776 (Marie Caroline MANDERLIER) où il s’établira, devient clerc à la suite d’un concours en 1772. Il s’adonna « tout entier à l’éducation de la jeunesse dudit lieu et y a tellement réussi que, depuis le tems qu’il occupe ladite clergerie, selon un certificat délivré par le vicomte de Rouveroy le 2 janvier 1777, la jeunesse est parfaitement instruite et même plus à reconnoitre d’auparavant » 1*.

A partir de 1797, on retrouve Jean Baptiste Noël MOL non seulement comme instituteur mais aussi comme secrétaire communal. Ses successeurs seront eux aussi enseignant et secrétaire communal (Augustin BAILLIEUX en 1827, Jean Baptiste LIBERT de 1891 à 1930 mais restera secrétaire communal jusque 1950).

La première école dite communale de Rouveroy a été construite en 1876 d'après les plans de l'architecte SIMON de Trazegnies. C'est à ce même architecte, que l’on doit l'école des filles et l'école gardienne, construites à frais commun avec la commune de Croix-lez-Rouveroy.

Le budget alloué à cette dernière école était de 18000 frs. Le sieur Eugène TROU, entrepreneur de Rouveroy, est nommé pour la construction des bâtiments.

Le projet qui est mis pour la première fois à l'ordre du jour du conseil communal le 24 mars 1880, sera terminé pour la rentrée scolaire de septembre 1883.

Le 18 juillet 1883, le conseil communal de Rouveroy fixe le traitement des institutrices de l'école primaire et de l'école gardienne : traitement fixe de 700 frs avec indemnité de 500 frs pour l'instruction des élèves pauvres.

Pour les écoles primaires, les listes d'inscriptions comprennent les noms de 27 garçons et de 27 filles. Pour l'école gardienne, les listes d'inscriptions comprennent les noms de 9 garçons et de 13 filles.

Dans le but de faire fréquenter l'école en temps de moisson, le conseil communal décide que la tolérance accordée au garde champêtre pour la surveillance du glanage sous l'autorisation du propriétaire (parents, souvent le père), ne pourra plus se faire que de 5h à 7h30 du matin et de 16h30 à 19h.

Le 14 août 1883, Mlle Anna HAINAUT, postulante pour les fonctions d’institutrice à l’école primaire des filles et Mlle Olympe FISSIAU, postulante pour le poste d’institutrice à l’école gardienne, ont obtenu l’unanimité des suffrages.

Le conseil fixe la première rentrée scolaire de la nouvelle école au 17 septembre 1883.

En mai 1884, le traitement du personnel enseignant des deux écoles est revu :

  • instituteur : 1562 francs /an
  • institutrice : 1200 francs /an
  • sous institutrice : 1000 francs /an

 L’école des garçons est dirigée par le sieur Gustave MONTENEZ, l’école des filles est dirigée par Mlle Anna HAINAUT et l’école gardienne est dirigée par Mlle Olympe FISSIAU.

Avec les années, on remarque que le nombre d’élèves qui recevront l’instruction gratuite ne cesse d’augmenter. A la rentrée scolaire de 1894, le nombre d’enfants est de 70 (36 garçons et 34 filles) alors que la moyenne est de 52.

Le 24 septembre 1891, Jean Baptiste LIBERT, est nommé aux fonctions d’instituteur en remplacement de Gustave MONTENEZ.

En 1899, le traitement des enseignants est encore revu : Mr LIBERT passera de 1300 à 1400 francs et celui de Mlle HAINAUT passera de 1400 à 1500 francs.

Jean Baptiste LIBERT sera aussi nommé le 25 décembre 1905 aux fonctions de secrétaire communal de Rouveroy. Il le sera toujours jusqu’à sa mise à la retraite le 31 décembre 1950.

Pendant l’hiver 1905, l’école des garçons et l’école des filles sont restaurées par l’architecte (SIMON). Le devis des réparations est de 2607,27 francs pour l’école des garçons et de 800,55 francs pour l’école des filles. Des subsides à hauteur de 33% de l’Etat et 25% de la Province seront demandés.

Début 1890, Gustave MONTENEZ demande sa mise à la retraite anticipée car son état de santé décline de jour en jour et ne se sent plus capable de pouvoir assurer ses cours correctement.

Le conseil communal accepte la demande de l’instituteur et nomme Désiré DELMOTTE comme remplaçant provisoire.

Le 21 septembre de la même année, Gustave MONTENEZ introduit une demande auprès du conseil communal pour retrouver ses fonctions d’instituteur étant donné que son état de santé s’est nettement amélioré et qu’il ne sait plus faire face aux frais de la vie courante et les frais de médecin pour se soigner avec sa petite retraite.

Sa demande est rejetée par le conseil.

Il réintroduit une demande le 22 février 1891 et elle est à nouveau rejetée.

Le 21 décembre 1891, Désiré DELMOTTE est nommé instituteur en remplacement de Gustave MONTENEZ, décédé.

Le 17 juillet 1881, le conseil communal rédige le règlement de l’école : les grandes vacances sont fixées chaque année du 1er août au 1er septembre, les congés seront donnés aux élèves le jeudi au lieu du samedi, chaque semaine.

Un nouveau règlement concernant les congés saisonniers pour l’école communale est approuvé par le conseil communal le 1er octobre 1916 : des congés peuvent être accordés par les chefs d’école aux élèves des 3e et 4e degrés pour leur permettre de participer aux travaux saisonniers ci-après :

  • sarclage des lins : du 15 mai au 15 juin,
  • démariage des betteraves : du 15 mai au 15 juin,
  • fenaison : du 1er mai au 15 juin,
  • plantation des pommes de terre : du 15 avril au 15 mai,
  • récolte des pommes de terre : du 1er au 15 octobre,
  • récolte des betteraves : du 1er octobre au 31 octobre.

Le 4 avril 1878, le conseil communal de Rouveroy convoque pour un entretien l’instituteur de l’école des garçons (Gustave MONTENEZ) pour qu’il s’explique sur le fait qu’une dizaine d’écoliers de Rouveroy fréquentent l’école de Croix-lez-Rouveroy.

 Cela provient dit-il, du fait que lorsqu’il a réclamé la subvention due par les élèves solvables, ils ont abandonné l’école de Rouveroy pour partir à Croix.

D’autres parce qu’ils n’apprenaient pas bien ou parce que l’instituteur les laissait, des journées entières, sans leur donner de leçon. Ce sont de vains prétextes qu’il a refusé, attendu que la leçon est donnée pour tous les élèves de chaque cours, c’est-à-dire simultanément, et qu’aucune leçon individuelle n’est donnée à aucun élève pendant la classe.

A partir de 1918, une visite médicale est organisée dans les écoles du village (garçons, filles et gardienne). Le Docteur Pierre FOCHON de Grand-Reng est nommé pour une durée de cinq ans, médecin inspecteur de la commune. Il recevra deux francs par enfants.

En 1921, le Dr E. LEFEBURE est nommé inspecteur médical des écoles, en remplacement duDr FOCHON, démissionnaire.

En 1924, on accorde aux élèves le congé du 1er mai.

Le 17 août 1924, le Bourgmestre, Alfred TONDEUR, félicite et récompense les cinq élèves qui ont obtenu le certificat de fin d’études primaires et remet en compagnie des membres du conseil communal un volume à chacun des lauréats.

Bientôt la suite

1* Visites décanales de Binche, archives de la fabrique de Binche.

Extrait du livre « Histoire de l’enseignement primaire en Hainaut » par Ernest MATTHIEU.